Prévention du suicide en période de crise sanitaire

Dernière mise à jour : 18 oct. 2021



Le Comité s’est rendu le vendredi 3 septembre dans les locaux de SOS KRIZ à Bellefontaine et a assisté, le vendredi 10 septembre à la journée internationale de prévention du suicide qu’elle organisait dans les locaux de la CCIM à Fort-de-France.


La rencontre du 3 septembre s’est tenue en présence de Fabienne SAINTE-ROSE (FSR),

directrice, et 4 préventeurs.


CCT : Pouvez-vous nous rappeler la mission de SOS KRIZ ?

FSR : SOS KRIZ a pour objectif premier la prévention du suicide. A cet effet, nous offrons une

aide sous la forme d’une écoute téléphonique. Nous sommes joignables au : 0800 100 811.


CCT : Avez-vous davantage d’appels depuis le début de l’épidémie et, particulièrement, depuis le début de la quatrième vague ?

FSR : Oui. Les appels ont augmenté. A tel point que nous avons dû recruter des salariés pour faire les nuits et procéder à la formation de nouveaux préventeurs. Nous avions reçu 150 propositions, nous avons ouvert la formation à 98 et nous en avons retenu 80.


CCT : Dites-nous davantage sur les préventeurs ?

FSR : Je rappelle tout d’abord qu’ils sont bénévoles. Ils-Elles viennent de toutes les communes de la Martinique pour venir sur le site, à Bellefontaine, sans recevoir de remboursement de leurs frais de transport. Le préventeur écoute la souffrance et aide

à la désescalade. En aucun cas, il ne se substituera au professionnel. Nous avons des référents, personnes ressources, que le préventeur peut appeler à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Il existe aussi un groupe whatsapp ouvert à tous les préventeurs et au Professeur JEHEL (psychiatre et président de SOS KRIZ). Les préventeurs peuvent aussi appeler les pompiers ou le 15, si nécessaire.


CCT : Quel est le profil de celles et ceux qui appellent ?

FSR : Tous types. Il y a les victimes d’inceste et de violences conjugales, des personnes atteintes de maladies psychiques (très sensibles aux fake news en cette période) ; Il y a aussi, et c’est en augmentation, des personnes âgées, des personnes en situation de précarité, des mamans inquiètes pour leurs enfants.


CCT : Êtes-vous confrontée à la souffrance au travail ?

FSR : En 2016 nous avons organisé une réunion à l’IMS sur la souffrance au travail.

Nous avons regretté que certaines organisations patronales n’aient pas été très ouvertes à la question. Avec l’épidémie et ses conséquences, la souffrance au travail touche les salariés et les employeurs. Je signale que nous avons passé une convention avec la CCIM pour accompagner leurs conseillers afin que ceux-ci soient mieux armés pour écouter la souffrance des chefs d’entreprise.


CCT : Qu’elles sont vos ressources financières et à quels problèmes êtes-vous confrontés ?

FSR : Nous sommes hébergés gratuitement par EDF. Nous recevons des subventions de la

CTM, de la Préfecture, de l’ARS, du CHUM, de la délégation aux droits des femmes et à

l’égalité. Nous avons bénéficié de la gratuité téléphonique de Orange jusqu’en août 2021.

Nous avons un partenariat avec la CCIM et la ville de Fort-de-France. Le Crédit Agricole est

en cours de convention avec nous. Nous recevons quelques dons de clubs services et

de particuliers.

Nous avons besoin de moyens plus importants pour faire face à l’augmentation des besoins et des charges. Nos plus gros donateurs sont les préventeurs bénévoles de SOS KRIZ.


La rencontre a duré plus d’1h30.

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